Cirque Hirsute
De et avec Damien Gaumet et Mathilde Sebald Mise en scène et scénographie, Marcus von Wachtel
Peau de bal
Attention talent ! Elle Mathilde Sebald, fille de l’air comme il se doit,lui Damien Gaumet, la force facile du trapèze. Tous deux issus de l’Écolesupérieure des arts du cirque de Bruxelles, ils ont développé une approche singulière – et pour tout dire renversante – des arts aériens, mêlant détournements d’objets et théâtralité empreinte de poésie.
Ces circassiens polyvalents ont créé le Cirque Hirsute et cet ébouriffant Bal caustique qui entame une tournée monstre depuis sa présentation au Festival de Otoño de Madrid.
Sous l’œil du scénographe Marcus von Wachtel (passé par le Cirque Aligre ou Zingaro, complice sensible à la danse moderne), nos deux fanfarons, défiant les lois de l’apesanteur, osent trapèze fixe ou ballant, mât chinois, sangles aériennes, portés acrobatiques et jonglerie avec un sens inné du spectacle. Un répertoire multiple qui leur permet de renouveler le genre.
Ce Bal caustique voit une Dame, princesse surexcitée vivant dans la rêverie, et son compagnon qui la suit dans ses divagations, engager un dialogue des corps et des figures riche d’effets de surprise.
Du cirque donc, mais mâtiné d’humour noir et d’un onirisme décalé où un double de Charles Baudelaire jonglerait avec les cordes en lieu et place des mots ! La virtuosité de Mathilde Sebald et Damien Gaumet emporte tout sur son passage comme si l’espace de leurs prouesses s’agrandissait sous nos yeux. Évoquant le dadaïsme allemand autant que le surréalisme français, ce Bal caustique risque de vous emmener très loin.
Loin des convenances, il s’agit de suivre ce duo à l’énergie vagabonde. «Une recherche de la simplicité et de la vérité sur la piste », résume Marcus von Wachtel, dans un environnement musical soigné. « C’est blanc, c’est noir, c’est suggestif, c’est poétique, mais surtout, c’est cirque ». Tapis rouge pour le Cirque Hirsute alors.